Cité du Vin : 10 ans et 3,6 millions de visiteurs

La Cité du Vin de Bordeaux a fêté ses dix ans ce week-end. L'occasion de dresser le bilan d'un lieu qui a attiré 3,6 millions de visiteurs depuis 2016.

Dix ans déjà pour le totem de Bordeaux

Ouverte au public le 1er juin 2016, la Cité du Vin vient de célébrer son dixième anniversaire avec un week-end festif du 4 au 7 juin. Nocturne gratuite, dégustations, concerts et ateliers ont attiré les foules dans ce bâtiment emblématique des Bassins à flot.

Le bilan est solide. Avec près de 400 000 visiteurs par an, la Cité du Vin s'est imposée comme le deuxième pôle touristique de Bordeaux, derrière les Bassins des lumières. Depuis son inauguration par François Hollande et Alain Juppé, ce sont 3,6 millions de visiteurs qui ont franchi ses portes, représentant 170 nationalités. Les étrangers représentent 55 % de la fréquentation, avec en tête les Espagnols, les Américains et les Britanniques.

Dans un entretien accordé à Sud Ouest, Philippe Massol, directeur général, souligne que « ce que découvrent les gens est supérieur à ce à quoi ils s'attendaient ». Le public, de plus en plus familial, vient d'abord par le bouche-à-oreille, qui représente un tiers des entrées. La Cité a aussi évolué : en 2023, le parcours permanent a été refondu et Via sensoria, un parcours de dégustation sensorielle, attire 25 000 personnes par an.

Le modèle s'exporte. Une Cité du Vin ouvrira fin juin à Brackenheim, près de Stuttgart en Allemagne. Le projet chinois, lui, reste au point mort : le bâtiment construit près de Pékin est toujours vide, la consommation de vin étant en baisse dans le pays.

Côté chiffres, la Cité du Vin affiche un chiffre d'affaires annuel de 11 millions d'euros, dont 70 % proviennent de la billetterie. Elle emploie 85 équivalents temps plein.

Brèves

L'affaire 1855.com sera jugée

Plus de dix ans après les premières plaintes, les dirigeants de 1855.com vont comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris. L'ordonnance de renvoi, rendue le 20 mars 2026 par la vice-présidente du tribunal judiciaire de Paris, vise Fabien Hyon et Emeric Sauty de Chalon pour escroquerie et pratiques commerciales trompeuses. Selon l'enquête de la Direccte, le site de vente de grands crus en ligne ne sécurisait que 25 % des vins primeurs vendus, finançant son exploitation avec les acomptes des nouveaux clients. Au total, 1 200 acheteurs ont été lésés et la dette du groupe Héraclès, ex-1855.com, a été évaluée à plus de 40 millions d'euros lors de sa liquidation en janvier 2015.

Le système AOC en débat

Ouest-France a relancé la question qui agite la filière : le système des appellations d'origine contrôlée est-il devenu un frein pour le vin français ? Si les AOC ont longtemps été un gage de qualité et un atout à l'export, leurs rigidités — contraintes de rendement, encépagement imposé, cahier des charges figé — compliquent aujourd'hui l'adaptation face à la concurrence internationale. Un débat qui traverse les syndicats viticoles et la direction de l'INAO.