
Vin : le monde boit 2,7 % de moins, les chiffres clés de l'OIV
Le monde boit 2,7 % de vin en moins en 2025. L'OIV dresse un bilan marqué par des vendanges faibles, des tarifs douaniers et des habitudes qui changent.
La consommation mondiale recule pour la troisième année consécutive
L'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) a publié le 12 mai 2026 son rapport annuel sur l'état du secteur viticole mondial. Le constat est sans appel : la consommation mondiale de vin s'établit à 208 millions d'hectolitres en 2025, soit une baisse de 2,7 % par rapport à 2024. Cette diminution s'inscrit dans une tendance de fonds amorcée depuis plusieurs années dans les marchés matures.
John Barker, directeur général de l'OIV, souligne que le secteur « montre sa résilience » face à des « défis climatiques, économiques et sociétaux » persistants. Le rapport identifie trois facteurs principaux : l'érosion structurelle de la consommation dans les pays traditionnels, les pressions économiques sur le pouvoir d'achat et l'évolution des comportements des consommateurs.
Une production faible pour la troisième année de suite
La production mondiale s'établit à 227 millions d'hectolitres, en légère hausse de 0,6 % par rapport à 2024. Ce chiffre reste toutefois nettement en dessous des moyennes historiques. Les aléas climatiques ont frappé les deux hémisphères : gelées, sécheresse, canicule ont affecté de nombreuses régions.
Certains pays ont connu un rebond significatif. Le Brésil, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud et la Moldavie ont bénéficié de vendanges plus favorables après des millésimes 2024 difficiles.
La surface viticole mondiale poursuit sa contraction : 7 millions d'hectares en 2025, en recul de 0,8 %. C'est la sixième année consécutive de baisse, signe que les principaux pays producteurs ajustent leur vignoble aux conditions du marché.
Le commerce mondial sous le coup des tarifs douaniers
Le rapport pointe un impact direct des politiques tarifaires sur les échanges. Les exportations mondiales ont reculé à 94,8 millions d'hectolitres (-4,7 %) pour une valeur de 33,8 milliards d'euros (-6,7 %). Les importations américaines ont chuté de 12 %, à 5,5 milliards d'euros.
Malgré ce recul, la valeur des échanges reste supérieure aux niveaux d'avant Covid. Et la part du vin qui s'échange à l'international demeure élevée : 46 % de la production mondiale fait l'objet d'un commerce transfrontalier.
Des marchés porteurs malgré la tendance
Si la tendance globale est à la baisse, quelques marchés affichent une croissance en 2025. Le Portugal, le Brésil, le Japon et plusieurs pays d'Europe de l'Est et centrale enregistrent des volumes de consommation en hausse.
Le rapport note également que la production et la consommation restent globalement équilibrées, grâce à trois années consécutives de vendanges modestes. L'écart entre production et consommation est estimé à 18,7 millions d'hectolitres, un excédent absorbé par les usages industriels (distillation, vinaigre, spiritueux) évalués à environ 30 millions d'hectolitres par an.
En bref
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