Grands crus aux enchères : le marché secondaire tire son épingle

Grands crus aux enchères : le marché secondaire tire son épingle

Le 20 mai à Toulouse, Vinestim vend Pétrus, DRC et Yquem issus de caves particulières. En brèves : Cheval Blanc 2025 en primeurs et consommation mondiale au plus bas.

Pétrus, Romanée-Conti, Yquem : la cave de vos rêves aux enchères à Toulouse

Pétrus 1986 en état irréprochable, Cheval Blanc 1975, caisses panachées du Domaine de la Romanée-Conti : le 20 mai, la maison Vinestim réunit 150 lots issus de caves de particuliers pour une vacation estimée à plus de 200 000 euros. L'événement se tiendra rue du Rempart-Saint-Étienne, avec exposition publique la veille et possibilité d'enchérir en visioconférence.

Vinestim, la maison qui ne vend que du vin

Fondée il y a moins de quatre ans au sein de la maison de vente généraliste Primar Deco, Vinestim s'est spécialisée exclusivement dans les grands vins et spiritueux. Quatre associés, dont trois commissaires-priseurs de la famille de Colonges et l'expert Antoine Valmary, organisent une quinzaine de ventes par an et expertisent entre 13 000 et 15 000 bouteilles.

La particularité de cette maison toulousaine : elle ne travaille qu'avec des caves de particuliers, sans négoce ni intermédiaire. « On se déplace, on visite les caves, on rencontre les clients », explique Antoine Valmary. Chaque bouteille est évaluée selon trois critères — niveau, état de l'étiquette, état de la capsule — puis croisée avec les bases de données d'adjudications passées. La maison engage sa responsabilité légale sur chaque lot : si une bouteille s'avère non conforme, elle rembourse l'acheteur.

Une cave de Haute-Loire comme pièce maîtresse

La vente du 20 mai s'articule principalement autour d'une cave familiale de Haute-Loire, constituée par des collectionneurs appliquant à leurs vins le même soin qu'à leurs livres et objets. Des flacons de Pétrus 1986, 1988, 1989, 1990 en état quasi neuf, majoritairement conservés en caisses bois d'origine. La cave remonte au Cheval Blanc 1975, traverse le Château Yquem 1981 et le Château Margaux 1982.

Trois caisses panachées du Domaine de la Romanée-Conti en millésimes 2021 et 2022 complètent le catalogue. Un allocataire s'en est séparé pour des raisons de trésorerie. « Tout le monde ne peut pas avoir une allocation à la DRC », rappelle Antoine Valmary. Ces références récentes suscitent une demande forte sur un marché où les allocations du domaine comptent parmi les plus restreintes au monde.

Le marché secondaire en pleine forme

Le secteur des ventes aux enchères de vin se porte bien. En 2025, iDealwine affichait une hausse de 9 % de ses volumes, à 42,4 millions d'euros. Sotheby's enregistrait de son côté 127,5 millions de dollars de transactions en vins et spiritueux, en progression de 12 % sur un an. Les millésimes anciens tirent le marché, car les références se raréfient.

La vente aux enchères répond aussi à un changement profond des habitudes. Peu de gens constituent encore une cave sur vingt ans. Elle permet de trouver des vins déjà à maturité, prêts à boire, sans avoir eu à les attendre.


Cheval Blanc 2025 : plus petite récolte depuis 1961, prix en hausse de 20 %

Château Cheval Blanc a dévoilé son millésime 2025 en primeurs le 11 mai, à 336 euros ex-négoce, soit une hausse de 20 % par rapport au 2024 (390 euros TTC contre 468 euros TTC). Une augmentation portée par des rendements historiquement bas, aux alentours de 15 hectolitres par hectare, la plus petite récolte du domaine depuis 1961. Terre de Vins a noté le millésime 98-99/100.

Selon Liv-ex, les millésimes les plus valorisés de Cheval Blanc sont actuellement le 2016 (plus de 620 euros HT), le 2019 (433 euros HT) et le 2022 (389 euros HT).


Consommation mondiale : le vin au plus bas depuis 1957

L'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) a publié son bilan annuel : la consommation mondiale a reculé de 2,7 % en 2025, à 208 millions d'hectolitres. C'est le niveau le plus bas depuis 1957. Depuis 2018, la consommation mondiale s'est réduite de 14 %.

Trois pays nourrissent ce déclin : les États-Unis (-4,3 %), la France (-3,2 %) et surtout la Chine, en chute de 61 % depuis 2020. Seuls le Portugal, le Brésil et le Japon voient leur consommation progresser. L'OIV souligne que le secteur doit se reposer sur la valeur plutôt que sur le volume.