Trump menace d'une taxe à 100 % sur les vins français
Avant le G7 d'Évian, Donald Trump menace de surtaxer à 100 % les champagnes et vins français. Emmanuel Macron demande de la stabilité face au yo-yo tarifaire.
Trump remet la pression avant le G7
Donald Trump ne fait jamais les choses à moitié. À la veille du G7 d'Évian, le président américain a déclaré au New York Post qu'il n'aurait « pas le choix » d'imposer des droits de douane de 100 % sur tous les champagnes et vins français si Emmanuel Macron persistait dans sa volonté de porter la taxe sur les groupes numériques — la fameuse taxe GAFAM — de 3 à 6 % du chiffre d'affaires.
La menace est prise au sérieux. Les États-Unis restent la première destination export des vins français, malgré les droits de douane déjà en vigueur : +10 % d'avril à août 2025, puis +15 % depuis l'accord commercial conclu l'été dernier entre l'Europe et Washington. À cela s'ajoute une dévaluation du dollar qui pénalise déjà les exportateurs tricolores d'environ 15 %.
Macron : « de la stabilité maintenant »
Interrogé par TF1, Emmanuel Macron s'est montré ferme. « On vient de conclure un accord entre l'Europe et les États-Unis sur des tarifs », a rappelé le président français, faisant référence au compromis de l'été 2025 qui a fixé les droits à 15 % pour éviter une escalade vers 30 %. « Maintenant, il faut de la stabilité. » Emmanuel Macron a aussi souligné que « les tarifs, ça ne fait du bien à personne », rappelant que les producteurs et importateurs américains se plaignent eux aussi de ces surtaxes.
L'Élysée peut s'appuyer sur un précédent juridique : le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a sapé les fondements réglementaires de ces droits de douane. Washington maintient néanmoins un ultimatum pour une entrée en vigueur de l'accord transatlantique avant le 4 juillet, date du 250e anniversaire du pays.
Un yo-yo tarifaire qui épuise la filière
L'histoire des taxes Trump sur le vin ressemble à une montagne russe. Des surtaxes de 25 % avaient déjà frappé les vins et spiritueux français d'octobre 2019 à mars 2021 dans le cadre du conflit Airbus-Boeing. L'administration Biden les avait suspendues pour cinq ans. Depuis le retour de Trump, les vins européens ont enchaîné une annonce de surtaxe à 200 % en mars 2025, puis une application à +10 %, un accord à 15 %, et enfin une nouvelle menace de 10 à 25 % en janvier 2026 liée au différend sur le Groenland.
Pour le consommateur, la menace est indirecte mais réelle : une taxe à 100 % rendrait les vins français inabordables outre-Atlantique, privant les domaines exportateurs de leur premier marché. Les viticulteurs, déjà fragilisés par la crise en cours, redoutent l'impact d'une telle perte de débouchés.
Le procès des vins bas prix attendra octobre
L'affaire des vins vendus à prix abusivement bas continue de faire des vagues. Le vigneron médocain Rémi Lacombe et son avocat, maître Louis Lacamp, ont dénoncé l'intervention volontaire du courtier BFL dans la procédure d'appel, estimant que celui-ci « a révélé qu'il défendait les négociants, et non le viticulteur ». L'audience d'appel est fixée au 14 octobre 2026 devant la cour d'appel de Paris. En première instance, deux négociants bordelais avaient été condamnés à 350 000 €.
La bouteille hybride débarque dans le Nantais
La transition écologique passe aussi par l'emballage. Le groupe Boutin, prestataire historique du vignoble nantais, prépare des palettes « hybrides » mêlant 90 % de bouteilles neuves et 10 % de bouteilles lavées. Objectif : répondre à la loi AGEC, qui imposera le réemploi à partir du 1er janvier 2027. L'entreprise investit plus de 2 millions d'euros dans une ligne de lavage d'une capacité de 15 millions de bouteilles par an, dont l'inauguration est prévue en octobre 2026. Aujourd'hui, seuls 3 millions de flacons sont lavés annuellement.