Vendanges 2026 : les vignerons craignent un démarrage au 15 août

Vendanges 2026 : les vignerons craignent un démarrage au 15 août

Le printemps 2026 est le plus précoce depuis 2003. Floraison mi-mai, calendriers bousculés : les vignerons s'adaptent. Ce que ça change pour le vin dans votre verre.

Floraison mi-mai : une avance historique

C'est une phrase qui glace les sangs de tout vigneron : « On craint des vendanges au 15 août, comme en 2003, année de la canicule. » Elle vient de Sylvain Aubry, domaine de Meillan (Gers), dont les cépages précoces ont commencé à fleurir à la mi-mai. Dans l'Hérault, Antoine Clavel (domaine Clavel, Assas) constate : « C'est inédit que la vigne fleurisse si tôt : nous avons bien dix jours d'avance. »

Partout en France, le constat est le même. François Berthenet, en Bourgogne (domaine Berthenet, Montagny-lès-Buxy), a vu les premières fleurs le 12 mai. « Cela n'a jamais été aussi tôt », insiste-t-il. Conséquence directe : les saisonniers sont appelés deux semaines plus tôt que prévu, et les équipes enchaînent six jours sur sept.

Mais rien n'est joué. « Un millésime précoce ne signifie pas forcément des maturités précoces », rappelle Antoine Clavel. L'été reste l'inconnue majeure.

Ce que ça change pour vous

Si la tendance se confirme, les premiers vins du millésime 2026 (crémants, rosés) pourraient arriver plus tôt sur les étals. En Alsace, Pierre Mittnacht (domaine Mittnacht, Hunawihr) note que « les années précoces sont de plus en plus fréquentes » : le réchauffement climatique s'installe durablement dans le calendrier viticole.


Brève 1 — Le CIVB change de direction marketing

Florence Bossard quitte ses fonctions de directrice marketing du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux le 2 juin, après quatre années marquées par la campagne « Ensemble tous singuliers ». Le CIVB recherche son successeur pour piloter un budget de 11,23 millions d'euros et une équipe de onze personnes. La nouvelle orientation ? Cibler les 25-40 ans et reconquérir les cavistes et la restauration plutôt que de miser uniquement sur la notoriété. Un virage commercial après des années de crise bordelaise.

Brève 2 — Distillation de crise : 673 000 hectolitres partent en fumée

La campagne de distillation de crise a recueilli 673 445 hl de vins rouges et rosés sur les 1,2 million hl espérés, pour un budget européen de 40 millions d'euros. La moitié des volumes vient de Nouvelle-Aquitaine (328 000 hl), dont une grande part de Bordeaux. Jérôme Despey, président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, plaide pour une deuxième phase de distillation avant la fin de l'année. La prime de 33 €/hl, jugée trop faible par la filière, n'a pas empêché 1 914 demandes. Un signal de détresse, pas de résolution.