Bourgogne 2024 : un millésime de contraste qui divise les passionnés
Les premières bouteilles du millésime 2024 arrivent en Bourgogne, et les avis sont partagés. Entre aléas climatiques et vinifications réussies, voici ce qu'il faut attendre des rouges et blancs de cette année atypique.
Un millésime marqué par les caprices du ciel
La Bourgogne 2024 restera dans les mémoires comme une année de défis. Printemps humide, épisodes de grêle localisés et un été qui a tardé à s'installer ont mis les vignerons à l'épreuve. Pourtant, les premières dégustations en chai révèlent des vins qui surprennent par leur tension et leur fraîcheur — des qualités que certains amateurs avaient cru perdre dans le contexte du réchauffement climatique.
Rouge : le Pinot Noir sous tension
Sur les coteaux de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune, le Pinot Noir 2024 exprime un profil atypique. Les vendanges tardives — parfois repoussées à la mi-octobre — ont permis d'atteindre une maturité phenolique sans sacrifier l'acidité.
Les caractéristiques observées :
- Couleur : un rubis profond, parfois légèrement violacé sur les jeunes vins
- Nez : fruits rouges frais (groseille, framboise), notes florales et une pointe d'épice douce
- Bouche : tanins fins mais présents, une ligne droite qui évoque les millésimes 2008 ou 2014
- Potentiel de garde : 8 à 15 ans pour les Premier Cru, 15 à 25 ans pour les Grand Cru
Les climats exposés sud-est (Clos de Vougeot, Chambertin) se sont particulièrement bien comportés. À l'inverse, les zones plus basses ont parfois souffert de la pression mildiouse, nécessitant une sélection drastique en vignoble.
Blanc : le Chardonnay dans son élément
Si le millésime 2024 divise pour les rouges, il fait presque l'unanimité pour les blancs. Le Chardonnay a trouvé dans les nuits fraîches de septembre les conditions idéales pour préserver sa minéralité.
Les Meursault affichent une richesse texturée sans lourdeur. Les Puligny-Montrachet se distinguent par leur précision citronnée. Et les Chablis — particulièrement les Premier Cru — offrent une tension iodée qui rappelle les grandes années des années 2010.
Notre sélection de blancs à suivre :
- Chablis Premier Cru Montmains 2024 — minéralité affirmée, bouche saline
- Meursault Les Charmes 2024 — gras et élégant, un vin de table par excellence
- Puligny-Montrachet Les Folatières 2024 — tension et complexité, un rapport qualité-prix intéressant en appellation village
Les prix : une stabilité relative
Contrairement à certaines craintes, les prix des vins en primeur n'ont pas explosé. La baisse de rendement — parfois de 20 à 30 % sur les parcelles les plus touchées — a été partiellement compensée par une gestion rigoureuse des coûts. Les domaines historiques (DRC, Leroy, Roumier) maintiennent leurs tarifs, tandis que les petits producteurs voient leurs vins gagner en visibilité.
Conseil d'achat
Pour les amateurs souhaitant constituer une cave, notre recommandation est claire : privilégiez les blancs. Le millésime 2024 offre une occasion rare de déguster des Chardonnay bourguignons dans un style frais et minéral, à des prix encore accessibles avant que la criticque internationale ne s'empare du sujet.
Pour les rouges, patientez jusqu'à la mise en bouteille (automne 2026) pour confirmer l'évolution en fût. Les Premiers Crus de Gevrey-Chambertin et de Nuits-Saint-Georges méritent l'attention, tout comme les appellations village de la Côte de Beaune qui proposent un excellent rapport qualité-prix.
Retrouvez nos guides sur les cépages bourguignons et les régions viticoles pour approfondir vos connaissances.


